dimanche 28 février 2010
Ce que veulent les hommes
Le fait d'avoir écrit ce billet sur Meetic m'a fait remonter le temps... à une époque ou j'étais encore à ma recherche.
C'était en 2001. Donc prenez la photo ci-contre, enlevez-lui quelques années, et surtout, rajoutez 30 kilos. J'étais énorme. Malheureuse, énorme, incomprise, suicidaire, tout ce que vous voulez, j'étais la pauvre Christine que tout le monde plaignait, et ceux qui ne me plaignaient pas m'accusaient sans doute d'être trop paresseuse pour me prendre en main.
J'étais inscrite sur un site de dialogue, pas tellement de rencontre, c'était surtout du dialogue, car on discutait à plusieurs dans ce qu'on appelait des salons. Ca s'appelait JAM, je ne sais pas si ça existe encore, tiens, je vais enregistrer ce billet et aller voir si JAM existe encore.
Bon, impossible de le trouver, je ne me souviens plus de l'adresse mais en tapant "jam" dans google je pense que je l'aurais trouvé si ça existait encore.
bref.. La différence avec les sites d'aujourd'hui, c'est que la photo n'était pas visible, je ne sais plus si on pouvait en mettre une d'ailleurs.. non.. ça ressemblait plus à du minitel qu'autre chose, pourtant c'était bien sur Internet.
J'enregistre car je n'ai pas encore déjeuné.
Voilà.
J'ai fait plusieurs rencontres par l'intermédiaire de ce site. A chaque fois c'était la surprise au niveau du physique, tant pour moi que pour la personne que je rencontrait. La plupart des hommes étaient déçus. Presqu'aucun ne le disait franchement. Quand ils le disaient, c'était très dur. Ils ne savaient pas et ne voulaient pas y mettre les formes, si je puis me permettre ce jeu de mots involontaire. Quand ils ne le disaient pas, c'était parfois pire, quand je pouvais lire le dégout dans leurs yeux, parfois même sur leur visage, je me souviens d'un homme qui faisait une tête à la limite de la grimace quand il m'a vu. C'était très dur.
Parfois, certains voulaient bien de moi, mais uniquement pour le sexe, ils ne le disaient pas là non plus, mais quand un homme se montre gentil et qu'il ne donne plus de nouvelles après avoir couché avec vous, vous finissez par comprendre ce que vous représentiez pour lui.
J'ai eu droit à des mensonges étonnants. Les hommes ne sont pas tous comme ça, mais beaucoup sont des monstres d'égoïsme et de méchanceté.
Un des rares avec qui j'ai eu une relation suivie était marié. Marié, père, et maire. Il était maire d'un petit village près de Toulouse, il avait un certain âge, il était vraiment très gentil avec moi, je crois qu'il m'aimait bien, ou plutôt qu'il aimait bien ma compagnie, mais ne m'aimait pas vraiment. Je pensais à sa femme, ses enfants, ses mensonges. Il n'était pas mieux que les autres finalement, les circonstances ont juste fait qu'à cette période de sa vie il était gentil avec moi, et faux avec sa famille. La situation aurait pu être inversée. J'ai eu une relation avec une femme aussi. Elle était comme un homme elle s'est servie de moi, et m'a jeté quand elle n'avait plus besoin de moi.
J'ai fait la connaissance d'une femme très sympa, qui est devenue une amie, grâce à elle j'ai pu entrer dans une boite à Toulouse qui gérait des sites internet de rencontres. J'étais contente, j'avais un CDI, des horaires pas vraiment pratiques mais je n'avais pas de famille, donc ça m'allait bien.
Tout à l'heure je vous parlait de Meetic et de ses mensonges, comme vous le savez maintenant j'ai donc été aussi de l'autre côté, je sais donc un peu comment ça peut se passer. Pour garder ce travail j'ai dû faire ce qu'on me demandait de faire, c'est à dire mentir, mentir, et encore mentir. Sur les différents réseaux que l'on gérait, il y avait beaucoup d'hommes et de femmes qui venaient, mais les femmes n'étant pas assez entreprenantes, il fallait des femmes qui le soient, et qui incite les hommes à passer en mode "payant". Je tenais ce rôle, comme mes collègues. Je jouais plusieurs personnages, à moi seule j'avais une cinquantaine de pseudos sur les listes. Bien sûr, une fois qu'un homme payait, il ne fallait plus parler avec lui. C'était un peu une revanche sur les hommes, c'est aussi pour ça que je le faisais. Aujourd'hui ça se passe encore comme ça, sur Internet, sur les messageries par sms aussi, c'est tout un business basé sur la tromperie, c'est légal et ça fonctionne très bien comme ça.
J'ai pu me rendre compte à quel point les hommes étaient des menteurs, des créatures assoiffées de sexe. La plupart des hommes qui venaient sur nos réseaux étaient déjà en relation, souvent mariés, avec une famille, prétendaient aimer leur femme, mais voulaient avoir des rapports sexuels avec d'autres femmes, occasionnellement, sans que cela puisse bouleverser leur petite vie bien tranquille. Ils étaient prêt à beaucoup d'efforts d'imagination pour arriver à leurs fins. Un rendez-vous bien placé juste après le travail, avant de rejoindre leur famille, ça leur allait très bien.
Un jour, j'ai ainsi fait la connaissance d'un homme très bien, à qui je ne pouvais pas dire qui j'étais, je devais jouer mon rôle, mes rôles. Mais cet homme était si gentil, si honnête comparé aux autres, je n'ai pas pu faire autrement que lui dire la vérité, je l'ai mis en garde et lui ai demandé de ne plus perdre son temps sur ce réseau. Toutes les conversations étaient enregistrées, je le savais, mais j'ignorais celle-ci serait vérifiée, je n'ai pas eu de chance. Je recevais un blâme quelques jours après, et j'ai été licenciée suite à ça, bien sûr pas pour ce motif, mais on m'a poussé à bout. Les patrons arrivent toujours à leurs fins, eux aussi.
C'était en 2001. Donc prenez la photo ci-contre, enlevez-lui quelques années, et surtout, rajoutez 30 kilos. J'étais énorme. Malheureuse, énorme, incomprise, suicidaire, tout ce que vous voulez, j'étais la pauvre Christine que tout le monde plaignait, et ceux qui ne me plaignaient pas m'accusaient sans doute d'être trop paresseuse pour me prendre en main.
J'étais inscrite sur un site de dialogue, pas tellement de rencontre, c'était surtout du dialogue, car on discutait à plusieurs dans ce qu'on appelait des salons. Ca s'appelait JAM, je ne sais pas si ça existe encore, tiens, je vais enregistrer ce billet et aller voir si JAM existe encore.
Bon, impossible de le trouver, je ne me souviens plus de l'adresse mais en tapant "jam" dans google je pense que je l'aurais trouvé si ça existait encore.
bref.. La différence avec les sites d'aujourd'hui, c'est que la photo n'était pas visible, je ne sais plus si on pouvait en mettre une d'ailleurs.. non.. ça ressemblait plus à du minitel qu'autre chose, pourtant c'était bien sur Internet.
J'enregistre car je n'ai pas encore déjeuné.
Voilà.
J'ai fait plusieurs rencontres par l'intermédiaire de ce site. A chaque fois c'était la surprise au niveau du physique, tant pour moi que pour la personne que je rencontrait. La plupart des hommes étaient déçus. Presqu'aucun ne le disait franchement. Quand ils le disaient, c'était très dur. Ils ne savaient pas et ne voulaient pas y mettre les formes, si je puis me permettre ce jeu de mots involontaire. Quand ils ne le disaient pas, c'était parfois pire, quand je pouvais lire le dégout dans leurs yeux, parfois même sur leur visage, je me souviens d'un homme qui faisait une tête à la limite de la grimace quand il m'a vu. C'était très dur.
Parfois, certains voulaient bien de moi, mais uniquement pour le sexe, ils ne le disaient pas là non plus, mais quand un homme se montre gentil et qu'il ne donne plus de nouvelles après avoir couché avec vous, vous finissez par comprendre ce que vous représentiez pour lui.
J'ai eu droit à des mensonges étonnants. Les hommes ne sont pas tous comme ça, mais beaucoup sont des monstres d'égoïsme et de méchanceté.
Un des rares avec qui j'ai eu une relation suivie était marié. Marié, père, et maire. Il était maire d'un petit village près de Toulouse, il avait un certain âge, il était vraiment très gentil avec moi, je crois qu'il m'aimait bien, ou plutôt qu'il aimait bien ma compagnie, mais ne m'aimait pas vraiment. Je pensais à sa femme, ses enfants, ses mensonges. Il n'était pas mieux que les autres finalement, les circonstances ont juste fait qu'à cette période de sa vie il était gentil avec moi, et faux avec sa famille. La situation aurait pu être inversée. J'ai eu une relation avec une femme aussi. Elle était comme un homme elle s'est servie de moi, et m'a jeté quand elle n'avait plus besoin de moi.
J'ai fait la connaissance d'une femme très sympa, qui est devenue une amie, grâce à elle j'ai pu entrer dans une boite à Toulouse qui gérait des sites internet de rencontres. J'étais contente, j'avais un CDI, des horaires pas vraiment pratiques mais je n'avais pas de famille, donc ça m'allait bien.
Tout à l'heure je vous parlait de Meetic et de ses mensonges, comme vous le savez maintenant j'ai donc été aussi de l'autre côté, je sais donc un peu comment ça peut se passer. Pour garder ce travail j'ai dû faire ce qu'on me demandait de faire, c'est à dire mentir, mentir, et encore mentir. Sur les différents réseaux que l'on gérait, il y avait beaucoup d'hommes et de femmes qui venaient, mais les femmes n'étant pas assez entreprenantes, il fallait des femmes qui le soient, et qui incite les hommes à passer en mode "payant". Je tenais ce rôle, comme mes collègues. Je jouais plusieurs personnages, à moi seule j'avais une cinquantaine de pseudos sur les listes. Bien sûr, une fois qu'un homme payait, il ne fallait plus parler avec lui. C'était un peu une revanche sur les hommes, c'est aussi pour ça que je le faisais. Aujourd'hui ça se passe encore comme ça, sur Internet, sur les messageries par sms aussi, c'est tout un business basé sur la tromperie, c'est légal et ça fonctionne très bien comme ça.
J'ai pu me rendre compte à quel point les hommes étaient des menteurs, des créatures assoiffées de sexe. La plupart des hommes qui venaient sur nos réseaux étaient déjà en relation, souvent mariés, avec une famille, prétendaient aimer leur femme, mais voulaient avoir des rapports sexuels avec d'autres femmes, occasionnellement, sans que cela puisse bouleverser leur petite vie bien tranquille. Ils étaient prêt à beaucoup d'efforts d'imagination pour arriver à leurs fins. Un rendez-vous bien placé juste après le travail, avant de rejoindre leur famille, ça leur allait très bien.
Un jour, j'ai ainsi fait la connaissance d'un homme très bien, à qui je ne pouvais pas dire qui j'étais, je devais jouer mon rôle, mes rôles. Mais cet homme était si gentil, si honnête comparé aux autres, je n'ai pas pu faire autrement que lui dire la vérité, je l'ai mis en garde et lui ai demandé de ne plus perdre son temps sur ce réseau. Toutes les conversations étaient enregistrées, je le savais, mais j'ignorais celle-ci serait vérifiée, je n'ai pas eu de chance. Je recevais un blâme quelques jours après, et j'ai été licenciée suite à ça, bien sûr pas pour ce motif, mais on m'a poussé à bout. Les patrons arrivent toujours à leurs fins, eux aussi.
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Moi
Christine, 35 ans. Cette photo c'était il y a un an, j'avais déjà pris ma décision.
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